Ophélie Mugel

    Date de publication - 13/03/2019

    Ophélie Mugel,  portrait d’une passionnée 

    « Le déclic est venu alors que j’étais serveuse dans un bouchon lyonnais pour payer mes études d’anthropologie.  Les propriétaires du restaurant m’ont transmis le goût des aliments et m’ont sensibilisée aussi bien à la saisonnalité des produits qu’à la scénarisation des plats ».  De cette expérience réussie auprès de restaurateurs amoureux de leur métier et de leurs clients, Ophélie Mugel, qui poursuivait alors des études d’anthropologie, se prend de passion pour l’étude du comportement du « mangeur ». Elle part pendant 6 mois, et à deux reprises, en Indonésie  réaliser son sujet de mémoire sur les fonctions sociales, identitaires et symboliques de l‘alimentation dans une ethnie matrilinéaire et musulmane de Sumatra Ouest, Les Minangkabau. « Le fait de donner des cours de cuisine française a facilité mon intégration. J’ai conservé en mémoire des moments forts comme le baptême alimentaire (upacara turun mandi) au sein de la communauté qui consiste à passer sur les lèvres des nourrissons, des aliments clés de leur patrimoine alimentaire comme le piment, le riz ou la banane. C’est à ce moment là que l’on donne le prénom à l’enfant ».

    Le mémoire remis à son université et ne trouvant pas un travail qui corresponde à ses aspirations, des petits boulots se succèdent jusqu’au moment où Ophélie se décide à reprendre ses études et à suivre un Master dédié à la géographie appliquée à l’alimentation et aux cultures alimentaires à l’Université Paris 4 Sorbonne. Et c’est à nouveau un déclic grâce à la rencontre avec Patricia Gurviez, professeur en marketing et comportement du consommateur à AgroParisTech qui lui propose un stage au sein de l’école.  « Elle m’a fait découvrir la passerelle entre les sciences humaines et le marketing ». Ophélie produit un nouveau mémoire cette fois-ci sur les représentations du lien santé-alimentation des consommateurs.
    Aboutissement de ce beau parcours académique : elle réalise une thèse sur « le bien être alimentaire, une recherche interprétative à partir du souvenir de l’expérience du consommateur » et obtient son doctorat en décembre dernier tout en ayant un bébé. Parallèlement, elle contribue à des publications dans des revues de recherche internationales prestigieuses telles que le Journal of Public Policy & Marketing.  
    Avec Virginie Brégeon de Saint Quentin, Ophélie cosigne en 2018  une recherche vidéographique sur les cours de cuisine en amateur, vidéographie qu’elles présentent au congrès de l’Association for Consumer Research à Dallas en octobre 2018 et qui se place dans les trois premières du palmarès du congrès.

    Parce que transmettre la motive, elle entre au sein de FERRANDI Paris en tant qu’enseignante chercheuse. Sa spécialité : l’analyse, la recherche et la stratégie marketing dans les domaines culinaire et hôtelier. Elle accompagne également les étudiants en 3ème année de Bachelor lors de leur travail sur la création d’un business plan. « J’apprécie énormément le rapport avec les étudiants avec qui je partage les mêmes passions. Je leur apporte mes connaissances mais je suis là aussi pour les faire travailler sur leur projet, qu’ils sortent d’une posture scolaire, qu’ils s’émancipent en quelque sorte ». C’est au tour d’Ophélie maintenant de provoquer des  déclics chez ses étudiants…

     


    Mugel O., Gurviez P et Decrop A. (2019), Eudaimonia around the kitchen: A Hermeneutic Approach to Understanding Food Well-Being in Consumers’ Lived Experiences, Journal of Public Policy & Marketing, n° spécial « Food and Well-Being ».
    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0743915618825267

    Brégeon de Saint Quentin V. et Mugel O. (2018), “From culinary phantasm to eudaimonic well-being: exploring the experience of amateur cooking class”, Association for Consumer Research (ACR) Conference, 12 octobre, Dallas. Lien du trailer : https://vimeo.com/291253538