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    Edouard Hauvuy, «un enseignant heureux, collectionneur de talent (s)»

    Les métiers de la gastronomie étaient une évidence pour Edouard. « Au jardin d’enfants, je voulais être pompier, cuisinier ou pâtissier. Je savais déjà faire des choux, des bûches etc. avant même de rentrer en apprentissage ».

    Il débute sa carrière au CFA du Mans puis décide de rejoindre Paris, «pour intégrer les plus belles maisons du métier ». Edouard entre chez Ladurée (Rue Royale) comme fournier macaronier, un poste clé dans le temple du macaron. « Pour continuer à me perfectionner, j’ai ensuite intégré Lucien Peltier (une référence par son inventivité, créateur notamment du label « Relais Desserts ») en tant que responsable glacier. Une période formidable, où j’ai appris énormément dans des équipes qui comptaient bon nombre de futurs MOF ». Après un court passage dans la Maison Pradier, Edouard décide de partir travailler aux côtés d’André Lecomte (pionnier des grands pâtissiers Français installés au Japon). « Nouvelle culture et méthodes de travail, tout en restant dans le grand savoir-faire artisanal français ». Puis, il rejoint le groupe Donq, une grande entreprise en forte croissance.

    « Je gérais en direct une boutique et en parallèle, j’intervenais comme conseiller technique pour toutes les ouvertures de boutique au sein du groupe. J’étais très souvent en déplacement partout au Japon. J’avais aussi des missions importantes de R&D dans la création de nouvelles gammes de produits». Profondément marqué par la culture nippone, Edouard doit cependant rentrer en France. « Au Japon, la crise économique des années 2000 avait conduit mon groupe à fermer de nombreuses activités. Je suis revenu dans la maison Pradier avec qui j’étais resté en bon terme. Le secteur de la pâtisserie haut de gamme est un petit monde. Il faut toujours soigner son réseau et garder de bonnes relations avec ses anciens employeurs ! ». 

    En 2006, Edouard prend une nouvelle orientation de carrière en intégrant FERRANDI Paris. « Ce goût de la transmission, je l’avais développé au Japon en animant beaucoup de formations internes ». Il va enseigner dans différentes formations (programmes internationaux, formations continues et supérieures, CFA). « Dans cette école, les enseignants restent polyvalents. Cela nous conduit à toujours nous challenger. ». Ainsi, Edouard aura la responsabilité d’ouvrir la nouvelle formation Brevet Technique des Métiers (BTM), en septembre 2021. « Pour la pâtisserie, le BTM reste le meilleur diplôme en formation initiale. Il consacre la haute maîtrise, aussi bien technique que managériale, d’un jeune pâtissier qui aura vocation à rapidement encadrer des équipes». 
    Edouard est un véritable amoureux du métier. Il collectionne toutes sortes d’objets liés à la pâtisserie (ouvrages du XVIII, XIX° siècle, matériel ancien retraçant l’évolution des savoir-faire…). 
    « Pour moi, l’année ne commence pas en septembre mais dès le recrutement du printemps. Je sélectionne les jeunes candidats un peu comme si je composais une brigade : avec de la diversité (garçons, filles, parcours différents…), tout en gardant un équilibre général pour maintenir une cohésion d’équipe. Dès mars/avril, nous commençons à les suivre dans le placement en entreprise.  Chez FERRANDI, tous les professeurs techniques sont d’anciens professionnels. Nous avons tous connus ce que vivent nos jeunes en apprentissage. Cela change tout, nous pouvons vraiment les conseiller de manière personnelle ».
    Enfin, et surtout, Edouard se sent bien en tant qu’enseignant. « Je viens le matin avec le cœur léger car j’aime ce que je fais. Nous avons les moyens techniques et humains pour former nos jeunes dans les meilleures conditions. Par ailleurs, nous disposons d’une véritable autonomie dans la manière d’organiser notre pédagogie».