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    Trajectoires d'anciens : Jean-François MALLET “Je suis une espèce d’électron libre dans l’univers de la gastronomie"

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    Jean-François Mallet a tout vécu, ou presque. Photographe, chef de cuisine, auteur, styliste culinaire,  il fait 4 fois le tour du monde et s’inspire tous les jours de ses expériences. 
    Sa passion le suit depuis sa plus tendre enfance, où il baigne entre la photographie et la cuisine,  provenant respectivement de son père et sa grand-mère. Pour son parcours professionnel il ne  s’embarrasse pas à faire un choix et décide de faire les deux, ou plutôt : “le lien entre la cuisine et  l’image”. 

    Pour cela il commence par entrer à l’école hôtelière de Montargis. Désirant reprendre des études plus  générales, il s’inscrit à la classe prépa de FERRANDI Paris qui dispense des cours pour les étudiants déjà  en possession d’un CAP ou d’un BEP qui souhaitent passer leur BAC en candidat libre. En parallèle, une  classe de mise à niveau pour les étudiants ayant déjà obtenu ce diplôme enseigne la cuisine en  accéléré. A la fin de l’année, les élèves des 2 classes passent le concours pour entrer à l’école  supérieure de cuisine. Il fait partie des 4 seuls à réussir. Durant son cursus il a la chance d’effectuer un  de ces stages au restaurant Jamin, le grand restaurant 3 étoiles de Joël Robuchon “On arrivait à 7h du  matin et on repartait à 1h. C’était dur car il y avait une grande exigence de travail”. Il sort major de sa promotion.

    Il fait son service militaire en 1991 et trouve un poste de cadre dès sa sortie. Il travaille pour le groupe  Accor Wagonlit et devient chef exécutif à la gare Montparnasse où lui est donnée la responsabilité de  5 restaurants. Il rejoint ensuite le groupe Lenôtre qui l’envoie faire l’ouverture de la table du  gouverneur, l’Elysée Lenôtre, en tant que directeur associé. “J’ai accepté ce travail parce que j’avais  besoin de comprendre l’entreprise”. 

    Deux ans après il décide de se lancer dans ce qu’il a toujours voulu faire, lier la cuisine et la  photographie et devient styliste. 

    Il s’installe à son compte pendant 2 ans puis ouvre finalement son studio photo et conseils culinaires.  Il y fait à la fois la création des recettes et les images qui vont avec. Pionnier des reportages sur la cuisine de rue, il s’inspire de la “cuisine des autres, la cuisine du monde,  la cuisine du quotidien”. Il participe à la réalisation d’une centaine de livres liés à la gastronomie et au  voyage, jusqu’à lancer la collection de livres Simplissime. Cette collection est aujourd’hui traduite en  20 langues et elle est la collection la plus vendue au monde. “Ce livre était adressé à tous ceux qui  rêvaient de faire la cuisine et n’osait pas se lancer”. 
    “Ne jamais faire la même chose”, c’est ça la force de Jean-François Mallet. “J’ai trouvé mon équilibre.  Je m’épanouis parce que je fais un travail artistique qui est lié à l’image et à la cuisine”. Il a d’ailleurs toujours pour projet de continuer d’inventer de nouveaux systèmes pour permettre de  découvrir la cuisine. 
    Ancien président des anciens élèves avant François Pasteau, Jean-François Mallet a gardé des liens  avec son école. Il y a donné des cours, fait des interventions et est prêt à revenir au moindre coup de  fil. “ Je dois tout à cette école, et je dois pouvoir le rendre d’une manière ou d’une autre. L’école est  dans mes pensées au quotidien”. Le conseil qu’il donnerait à ses élèves ? “On ne devient pas chef de  cuisine ou grand cuisinier du jour au lendemain juste parce qu’on a fait l’école. Il faut être humble  devant la casserole. L’école c’est le début”.